CLIN DIEU

Ce sont  les années bonheur des baby boomers

avec l'apparition du microsillon 45 tours, les juke box fleurissent dans les bars et les jeunes s'équipent d'électrophones (surtout du modèle portable , compagnon de toutes les surprises parties (les boum ) et avec lui le transistor.


Heu-reuse ! La musique, c'est la liberté,  une échappatoire. Je suis heureuse de vivre à une époque qui secoue sa poussière ; tout semble possible.



Pas de départements 92, 93 ou 94... (je vis encore dans le 75) ; des bikers en herbe roulent sur des mobylettes pétaradantes, à défaut de pouvoir s'offrir des Harley Davidson



L'âge d'or des yéyés et des copains

On se déchaine sur des rythmes dingues venus d'Amérique. Les idoles ont notre  âge  et cassent les oreilles des ainés ;  les fans des rockers leur répondent en cassant les fauteuils ;


et des  blousons noirs trainent en bandes pour jouer aux voyous, qui se provoquent et se battent, au risque d'en devenir pour de  bon;

ils n'ont pas tous l'irrésistible touch de Fonzy dans la série Happy Days.

La plupart des filles se soucient de leur réputation et de leur virginité avant le mariage  (le mariage reste l'objectf de toute jeune fille. La femme passe de l'autorité du père à celle du mari et accepte son statut de femme au foyer qui prend soin de ses enfants) ,

L'école sépare encore les filles des garçons mais l'émancipation sexuelle est en marche ! et en moins d'un demi siècle, elle aura dépassé l'inimaginable à l'époque.

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La nouvelle vague qui s’impose à l’écran n’est pas celle d’un virus ; c'est celle du cinéma qui bouscule les codes et la morale.




Elle avait commencé avec la "scandaleuse" Brigitte Bardot dans Et Dieu créa la femme et souffle un air de liberté avec de jeunes cinéastes comme François Truffaut, Jean-Luc Godard, Claude Chabrol, Éric Rohmer… qui changent le visage du cinéma français.


Dans les rues, des amoureux qui s'bécotent sur les bancs publics ont été décomplexés par Brassens.

Le flirt s'affiche.


(le reste a été censuré)

Comme mes parents sont là pour m'aimer et me protéger, je ne garde aucun souvenir frustré des fins de mois difficiles de mon enfance ; Maman les a déguisés en surprises festives ... ce soir, soirée crêpes, les filles ! à l'eau mais sucrées ou coquillettes au sucre (à la chti) ...

à 20 ans on n'est pas majeur (la majorité ne passera de 21 à 18 ans qu'en 1974) et donc encore sous la tutelle de ses parents;

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Comme je suis une fille,  j'échappe au service militaire de 28 mois et à la guerre d'Algérie  !!! mais pas au carcan patriarcal ni à l'épée de Damocles au-dessus de la tête des filles qui ne sont pas sages (pas d'éducation sexuelle, pas de contraception,...  )  

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Heu-reuse ! Je le suis d’être réveillée le matin par les moineaux, l’odeur du pain grillé et du café que papa m’amène pour me tirer du lit

Heu-reuse ! d’avoir trouvé un  travail à l’autre bout de Paris,  mal payé mais qui me fait entrer dans la vie « active » .

Heu-reuse ! d’avoir 20 ans et l’avenir devant moi …

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la plaisanterie de Pierre Dac : l'avenir est devant toi, et tu l'auras dans le dos chaque fois que tu feras demi-tour ne ferait peut-être plus rire les jeunes d'aujourd'hui...


Mais à 20 ans, on a envie d'aller voir ailleurs si la soupe est meilleure , comme disait ma grand'mère; je pourrai bientôt suivre l'exemple du fils prodigue de la parabole (sans toucher d'héritage avant retour à la case départ)





Les années 60, c'est encore l'époque du Moi Tarzan, toi Jane. J'ai donc eu droit aux cours de couture et de puériculture dans mon école de filles ( à l'école des femmes)

« Votre sexe n’est là que pour la dépendance :Du côté de la barbe est la toute-puissance.

Bien qu’on soit deux moitiés de la société, Ces deux moitiés pourtant n’ont point d’égalité :

L’une est moitié suprême et l’autre subalterne ; L’une est toute soumise à l’autre qui gouverne  »…

(L’école des Femmes, Molière, 1663)






"La domination masculine n'est pas une fatalité historique ou biologique"

la phrase de Titou Lecoq, 50 ans plus tard remet  les pendules à l'heure :



Bien qu'il soit un enfant d'Internet et du téléphone mobile,  et qu'il vive dans un monde radicalement différent de celui que j'ai connu,  mon petit-fils, que je vois grandir, n'est pas si différent  de sa grand'mère.



Une interrogation ethique s'impose qui engage à l'humilité  (ce qui n'est pas notre qualité première).

Depuis la nuit des Temps, l’histoire de l’Homme  est dans ce libre choix: faire confiance à Dieu et aux lois qui définissent les frontières morales de sa

création ou choisir le fruit défendu et se croire plus malin ...

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C'est le choix des terroristes qui s'arrogent le droit de tuer en justifiant par la  cause qu'ils servent ,  les moyens injustes qu'ils emploient.




Nombreux sont les plans dans le cœur de l’homme, mais c’est le conseil de Jéhovah qui subsistera.” — Proverbes 19:21

C'est  la fin du monde annoncée pour ceux qui pensent être les seuls à décider de leur avenir ... ce n'est que la fin d'un monde pour ceux qui croient que le  dessein divin  n'est pas celui d'une terre  réduite à un monceau de cendres radioactives.

Heu-reux !

l''argent ne fait pas le bonheur, mais le bonheur ne remplit pas l'assiette  rappe Booba ...c'est vrai,

mais fauchés, précaires, paumés parfois, ne nous a pas forcément empêché d'être heureux ...  







Heu-reuse !

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Oui, je l'ai été, ces années là. Ce coup d’œil dans le rétroviseur me le confirme puisque je ne me posais même pas la question de savoir si je l'étais ou pas. Je mesurais le chemin parcouru quand les noirs américains obtinrent enfin, en1965 , le droit de vote (à quel prix !),  comme je mesure le chemin qu'il reste à faire , comme chaque 8 mars* nous le rappelle.

(*journée des droits de la Femme dont l'origine  remonte au 8 mars 1857, où à New York, pour la première fois, des ouvrières de l'habillement manifestèrent pour leurs revendications ... mais cette journé ne sera officialisée en France qu'en 1982)


et dans leurs insomnies, le spectre d'un monde plus peuplé, plus pollué, destabilisé du point de vue écologique et plus fragile encore qu’il ne l’est aujourd’hui ou pire encore, la menace d’un cataclysme nucléaire.

Mais les dés sont-ils jetés ?

Sous leurs cheveux blancs, pas de regrets chez les baby boomers d'hier, mais la crainte d'avoir ouvert la boite de Pandore (celle qui, dans la mythologie, contenait tous les maux de l’ humanité)

Le bonheur n'est pas ce qu'on en attend souvent ; gloire, beauté, richesse ne suffisent  pas à se sentir comblé. Et quand  les plus gâtés avouent qu'il manque quelque chose à leur vie... c'est l'amour ! Cet amour qui vous fait  sentir vivant et qui ne réside pas seulement dans la recherche du plaisir.


Comme dit le poète Augusto Branco  :

   Le bonheur ne consiste pas à avoir le meilleur de tout, mais à savoir comment tout rendre meilleur.




L’Homme, en lui-même, présente peu de différences entre celui d'hier et d'aujourd’hui. et sa valeur ajoutée réside toujours dans sa capacité à s'adapter.

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Vue sa position dans la chaine alimentaire, l’Homme n’a rien d’un super prédateur, et c’est pourtant ce qu’il est dans les faits aujourd’hui, de par sa capacité à altérer les écosystèmes, à détruire en quantité les ressources, en représentant un risque létal pour n’importe quelle autre forme de vie connue à ce jour.





Heu-reux !?

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Comment l'être si nous nous résignons à ce que le Monde, tel qu'il devrait être, n'existe pas ? L 'avenir de notre Humanité ne devrait pourtant pas nous désespérer même s'il nous arrive de penser comme Pierre Desproges : Plus je vois les hommes, plus j’aime mon chien ...


On n'arrête pas le progrès ...  mais le progrès scientique doit-il remettre en  question les rapports entre l’Humain et l’Humanité ? Comment l'Homo sapiens, cousin (et non descendant) des grands singes) qui est  l'Homme moderne, va-t-il "évoluer" parmi les clones, hybrides, chimères et autres cyborgs ?

L'allongement de la durée de la vie et les progrès de la médecine ont bien sûr modifié son rapport à la naissance et à la mort, et les nouvelles technologies ont changé sa perception du temps ; mais si l'absence n'est plus ce qu'elle était grâce à face time, aux visios et aux SMS, la solitude  existe toujours et peut-être même plus cruellement pour certains. .

Qui pourra empêcher les dérives d'une vision désacralisée de la vie et du corps ?    

Je préfère penser que l'Homme n'est encore qu'un animal dé-raisonnable quand il lui arrive d'être pire qu'une bête ; s'il ne s' interroge pas assez sur le sens de sa vie, la vie va se charger de le faire.

Heu-reux !

La recette du bonheur véritable se trouve dans un livre, la Bible, (aujourd’hui disponible  en 2 377 langues et dialectes, ce qui est largement plus que n'importe quel autre bestseller publié ! ) et plus particulièrement dans les promesses des Béatitudes... alors  Réjouissez-​vous toujours ...Réjouissez-​vous dans l’espérance.(Romains 12:12) Rendez grâces à propos de tout. (1 Thessaloniciens 5:16, 18)

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Pour ceux qui ne s’expliquent pas pourquoi la spiritualité est importante et comment le mental agit sur le physique, qu'ils sachent que les personnes positives et optimistes qui ont la foi, sécrètent moins de cortisol, une hormone du stress bien connue pour inhiber le système immunitaire


il faut attendre 1965 pour que les femmes puissent travailler sans demander l'avis de leur mari : Le mari n'est plus le « chef de famille ». La femme peut exercer une profession et ouvrir un compte bancaire sans l'autorisation du mari.

1967 : pour que la  contraception devienne légale - 1970 : pour que le congé maternité soit remboursé à 90% par l'Assurance maladie - 1972 : pour une égalité salariale entre les femmes et les hommes (toujours loin d'être atteinte) - 1981 : pour que l'agression sexuelle  entre dans le Code Pénal et que le viol devienne un crime puni de prison....






Les années 60 sont de la préhistoire pour nos gamins  qui ont du mal à croire que nous pouvions être heureux sans  téléphone portable, sans ordi, sans les réseaux sociaux...et toutes ces avancées techniques dont ils ne penseraient même pas pouvoir se passer...  ce qui ne veut pas dire que je ne les ai pas accueilli, chaque fois, avec plaisir (comme le lave-linge et le frigidaire...)




code pin de l'époque

et pour cause : si nous avons  aimés des animaux qui nous ont accompagnés fidèlement jusqu'à leur dernier souffle, nous avons appris que l'Homme est


doué  d’intelligence mais cela ne signifie pas que chacun de  nos sens soit supérieur à ceux des animaux; ce qui nous inscrit  dans  une communauté  de "vivants",  différente mais  bien réelle.  



Il  a en lui des capacités qu'il ignore encore ...

(et que nous ne développons pas tous  de la même manière : génétique, environnement social, éducation... autant de facteurs  qui peuvent faciliter  ou empêcher  le plein épanouissement  de nos capacités )

... mais qu'il a déjà mis à profit au cours des siècles.

Mais, moi, en l'écoutant, j 'ai de nouveau 20 ans, et  je vis encore chez mes parents dans la cité HLM dans laquelle je suis née, en banlieue parisienne ; elle s'appelle joliment la Cité des Oiseaux et des centaines de moineaux nichent dans la vigne vierge qui envahit ses murs de béton ; quoi de plus beau, en automne, que ces feuilles qui égayent  les  façades de couleurs flamboyantes et font oublier la grisaille de la rentrée...




En relisant l’évangile de ce dimanche, le mot « heureux » a ravivé des souvenirs en me rappellant un sketch de Fernand Raynaud, un artiste et un temps, celui des années 60  que les moins de 20 ans ne peuvent pas connaître... comme chantait Aznavour.

Rien à voir avec certaines cités d'aujourd'hui...

De ces logements construits avant guerre,  je me souviens surtout des 1 m2 de WC , peut-être plus , qui font aussi office de salle d'eau avec la pomme de douche judicieusement fixée au plafond et un trou  dans le sol pour évacuer l'ean : un luxe pour les locataires de ces Habitations à Loyer Modérés, souvent dans le rouge quand même...

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L'appel de l'Abbé Pierre pendant l'hiver1954 nous a fait comprendre combien nous étions privilégiés d'avoir un toit sur la tête.

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