Pour ceux qui auraient mauvaise conscience, les psychologues et nutritionnistes nous déculpabilisent, via les medias ;

La gourmandise et la prise de poids qui accompagnent le passage à la nouvelle année, peuvent-ils s'expliquer par la psychologie humaine ?

Gestes barrières  et distanciation prudente nous obligent à nous priver  de baisers mais pas de bonbons

Les émotions jouent bien sûr un rôle dans nos comportements alimentaires. Selon plusieurs études, nous mangerions de plus grandes quantités dans les situations de crise ; nous mangeons pour nous  remplir, pour nous réconforter, pour diminuer notre stress ou même pour célébrer une heureuse nouvelle…

L'orgueil, l'avarice, la luxure, l'envie, la colère et la paresse ne sauraient bénéficier de la même indulgence.

Difficile de résister au plaisir immédiat suscité par une sucrerie... Combien de chocolats ont aidé nos contratriétés à ne pas devenir des déprimes !

La gourmandise est d'ailleurs l'un des sept péchés capitaux tomber en désuétude. Ce que la religion et la morale reprochent à la gourmandise n'est  pas une question d'excès ni de surpoids (le baiser défendu est bien une gourmandise qui ne fait pas grossir...),  mais le désir ...de manger avant d'avoir faim.

C'est le désir que l'on veut satisfaire sans maitriser ses pulsions, celui qui recherche  l' extase des sens, même sans le sexe. qui peut conduire à un péché qui en entraîne d'autres. ...

Mais si la gourmandise est un péché, il dépasse rarement le véniel (ce péché mignon, comme le filet du même nom )

Ils ne célébraient pas seulement le plaisir de la bonne chère et de la chair, ils se vautraient littéralement dans

la nourriture pour s’en gaver ...jusqu’à la mort.

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Ce film a défrayé la chronique dans les années 70 ; de quoi vomir mais aussi de réfléchir à cette satire d’une société construite, autour de la consommation  et du gaspillage,  


Il faut manger pour vivre, et non pas vivre pour manger

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Dans le film de la Grande Bouffe,  les quatre amis qui se retrouvaient  dans un hôtel particulier, ( Ugo, restaurateur, Michel, réalisateur de télévision, Philippe, juge d'instruction, et Marcello, pilote de ligne)  ne mangeaient pas pour vivre mais pour mourir !

Il était une fois … un homme riche qui festoyait chaque jour, trop occupé par ses affaires pour «voir» le pauvre Lazare  qui squattait le trottoir devant sa maison et tendait la main …

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Qui se préoccupe du nom et du sort d’un mendiant au coin de nos rues ?  Jésus, lui, l’ appelle par son nom  alors qu’il n’a pas "reconnu" le riche  ...


Nous comprenons pourquoi dans une autre parabole (Mat 25, 31-46) pour entrer dans le Royaume des cieux  :



L'homme ne vit pas seulement de pain...

Ce fut la réponse de Jésus, après quarante jours passés dans le désert sans manger,  à  Satan qui le tenta en vain : si tu es le Fils de Dieu change cette pierre en pain ...

On omet volontairement la suite de la phrase: L'homme ne vit pas seulement de pain... mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

Parler de Dieu  en ces temps troublés de fanatisme religieux. n'est ni de bon ton ni plus rationnel que de dire que l’homme peut vivre d'amour et d'eau fraiche

mais l'homme vit pourtant aussi  d'espoir, d'amour et de rêves, d’art et de culture... et de combien d'autres choses encore...

Les  Français, en particulier, ont la réputation d'aimer manger et  presque autant de parler de cuisine à table...

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et le repas gastronomique  est une institution tellement « spécifique » des français qu'il a été reconnu patrimoine culturel immatériel de l'Humanité par l'Unesco,

Noël approche et nous pensons déjà à ce que nous allons prévoir pour le soir de Noël, peut-être même pour le réveillon de la saint Sylvestre : foie gras ? saumon fumé ? champagne ?  bûche? traditionnelle dinde qui aura échappé à Thanksgiving ?


Le véritable chemin pour toucher le coeur d'un homme passe par son estomac

mais peut-on compenser les effets d'une vie difficile et stressante par la table que l'on s'autorise une fois l'an ?  

l’acte de manger et l’équilibre émotionnel seraient étroitement liés ; cette exception festive justifierait donc cette débauche de nourriture face au stress mais stressent ceux qui n'en n'ont pas les moyens.

La nourriture, ne recharge pas seulement nos batteries; ce qu’on mange, comment on le mange, avec qui on mange, pourquoi on mange fait du bien au moral.


Faudra-t-il encore recompter  le nombre de couverts pour ne pas dépasser les 6 convives ou dresser plusieurs tables ?... c'est connu, les français sont nuls en maths mais pas en cuisine.

je ne vous connais pas .... " car j'avais faim et vous ne m'avez  pas donné à manger ; j'avais soif, et vous ne m’avez pas donné à boire ; j’étais un étranger, et vous ne m’avez pas accueilli ; j’étais nu, et vous ne m’avez pas habillé ... "

L'avent, temps d'amour et de partage...

Qui n'a pas été pressée, par les medias ou dans sa boite réelle ou virtuelle, de donner pour une oeuvre charitable, de participer à l'élan de solidarité qui subventionne la recherche, renouvelle les stocks des banques alimentaires ou de venir en aide aux victimes de catastrophes, aux sans abris et aux plus démunis ?


Si l'attente de Noël n'est plus celle du Messie dans notre société sécularisée, cette  période  continue  de se vouloir  une attente joyeuse et pas seulement la paix des confiseurs mais une parenthèse pleine d'espérance face à la surabondance et au gaspillage ...



Durs les lendemains de fête ! car même avec nos B.A saisonnières, nous n'aurons pas nourri la grande foule des déçus de la vie


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Pour que ce soit Noël tous les jours, il faudrait changer nos menus  et notre économie pour qu'elle soit désormais guidée par cette idée de partage et d’équité ...

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Nous en sommes encore loin, mais des hommes et des femmes de bonne volonté y travaillent...

Quand les chrétiens disent  à chaque Eucharistie :

Viens, Seigneur Jésus,  c’est pour appeler de toutes nos forces,  des quatre coins du monde, à ne plus faire qu’un seul Corps...

Heureux les invités au repas du Seigneur !

La plus grande chose dans l'Histoire de l'Humanité ce n'est pas l'homme qui marché sur la lune, c'est Dieu qui a marché sur la terre (Jaimes Irwen, astronaute)


Pas de miracle sans partage ! Vous n'êtes pas catho ?  ce n'est pas grave, personne n'est parfait !

                             mais retenez seulement ceci :


la  gratitude est le principe fondamental de la religion... les sages ont donc instauré des bénédictions avant le repas  pour remercier notre créateur ;

voici le bénédicité que disait volontiers l'Abbé Pierre :

Bénissez-nous, Seigneur, bénissez ce repas, ceux qui l'ont préparé, et procurez du pain à ceux qui n'en ont pas !

Ainsi soit-il ! »  

Notre corps est gavé mais notre âme est affamée 

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La famine n’est pas le résultat d’une pénurie alimentaire en tant que telle mais de problèmes politiques et sociaux qui affectent la distribution et le partage des denrées alimentaires existantes (conflits, dérèglement climatique, et ses conséquences : inondations, sécheresses, tempêtes, etc. mais aussi les chocs économiques notamment liés aux mesures prises pour lutter contre la pandémie de Covid-19)



Pourtant, n’y a pas de fatalité ! il existent des moyens pour lutter contre la faim :

développement des accès à l’eau, assainissement et hygiène … création de jardins, techniques respectueuses de l’environnement (notamment l’agroécologie). accès aux soins même dans les zones les plus isolées …

Fils d’un forgeron du sud de l’Algérie,

Pierre Rabhi (qui vient de mourir)  parlait souvent de l’Afrique, des désastres de la sécheresse sahélienne, de l’impératif moral de lutter contre la faim dans le monde.

Il restera l'un des pionniers de l'agroécologie – cette pratique agricole qui vise à régénérer le milieu naturel en excluant pesticides et engrais chimiques. Mais pour lui, l’enjeu n’est pas seulement l’environnement ; il est aussi moral et spirituel. Où est l’équité  dans un monde où surabondance et misère cohabitent.

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Dix ans avant Indignez-vous ! de Stéphane Hessel, il a déjà enjoint chacun à une prise de conscience

Comme la plupart des colibris, Pierre Rabhi était en dehors de tout clivage politique ; il savait réveiller en chacun sa part de rêve et d’espoir .



Merci à tous ceux et toutes celles qui suivent ce clindieu et m'encouragent depuis tant d'années ... Les envois sont suspendus pour les fêtes. Que Dieu vous garde de bonne humeur et en bonne santé !  

       A l'année prochaine ?