Les fruits de la colère sont amers...

Si la colère est mauvaise conseillère, on peut parfois la comprendre et même avoir de la compassion pour ceux qui en font un usage immodéré. Dieu, lui même...  mais sa colère ne s'est jamais manifestée sans nous avoir mis  en garde et en restant juste ; ce qui n'est pas toujours le cas pour nous, pauvres pècheurs...

Tout le monde ressent de la colère à un moment ou à un autre ; la peur et la colère sont des émotions utiles quand elles ne nous empêchent pas de vivre ; ce sont les sirènes déclenchées par notre inconscient pour avertir depuis toujours (l'homme comme l'animal) de l'approche d'un danger ; un danger parfois analysé  par nos sens avant même que notre intelligence ne le perçoive


mais attention de ne pas laisser la colère t'aveugler ...

La peur cherche d'abord à nous protéger et à nous éviter tout risque inutile ;vouloir l'anesthésier par des drogues ou la noyer dans l'alcool semble tout aussi contre-productif  que dangereux car éteindre ce signal d'alarme peut le faire sonner encore plus fort… l' inquiétude, devient alors stress puis angoisse incontrôlable...

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La colère, comme la peur, est aussi un signal d'alarme qui traduit une insatisfaction ou répond à une agression. .

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La peur exprime un besoin de sécurité, la colère un besoin de respect et de considération, la tristesse un besoin de réconfort et la joie un besoin de partage.


Mais c'est dans notre ego qu'elle prend racine et donc très souvent, trop souvent, notre colère est liée à l'orgueil ; c'est l'échec d'une communication qui n'a pas su écouter l'autre, l'accueillir dans sa différence, trouver un terrain d'entente...bref

Difficile de débloquer cette tendance sans se remettre en question. Il ne s'agit pas de refouler des reproches quand ils sont légitimes, au contraire ! mais plutôt de ne pas attendre que la coupe déborde pour exprimer ce qui ne va pas dans la violence (verbale, ou physique quand on n'a plus les mots...)

Celui ou celle qui abuse de ton hospitalité, de ta générosité ou de ta patience doit le savoir; le problème est de ne pas le lui faire savoir avec agressivité ! et c'est souvent là que nous nous  piégeons nous-mêmes, de peur de dire une vérité qui dérange, de trouver les mots qui ne blessent pas.


une faille peu flatteuse de notre intelligence qui se trouve des excuses (c'est toujours la faute de l'autre, c'est lui qui a commencé...) et, qui, dans ce cas, n'en fait pas.

non seulement elle est souvent inefficace parce qu'on obtient le contraire de ce que l'on veut , non seulement elle attise la colère de ceux qui la subissent, mais elle nous empoisonne littéralement.

La colère fait bondir notre taux de cortisol, cette hormone du stress, qui joue un grand rôle sur notre bien-être et notre humeur et notre état de sante en général.

5 minutes de colère perturbent notre système immunitaire et se payent par plusieurs heures de fragilité émotionnelle*. Gare à ceux qui nous marchent sur les pieds pendant ces moments !

Il faut donc apprendre à "gérer" notre colère ...comme disent les coachs

« la colère est souvent une punition que nous nous donnons pour l’erreur de quelqu’un d’autre » 


La communication non violente est aussi une technique verbale de communication qui  invite à  s'adresser à celui  ou celle qui a dépassé les bornes, par "je" :  "je suis déçu de tes emprunts à répétition jamais remboursés, j'ai moi-même des factures à payer .. ce que je te demande c'est de tenir ta parole". plutôt que : "marre des parasites comme toi, tu me prends pour une vache à lait, tu ne respectes rien".... qui est la meilleure manière de fâcher l'autre (et de ne pas être remboursé de surcroit) mais surtout de s'en vouloir de ne pas avoir su se maitriser. et d'avoir eu des paroles exagérément méchantes pour faire mal à notre tour.

Si l'amour transfigure, la colère défigure et rend idiot

Si la colère a souvent été un moteur dans ma vie pour lutter contre l'injustice , elle n'a pas fait que génèrer cette indignation qui impulse une action juste.

En laissant nos émotions nous submerger, elles nous entrainent sur un chemin peu valorisant voire même destructeur ... il suffisait que l'autre  titille sournoisement mon ego pour me laisser porter la responsabilité  non seulement de ma colère mais également la culpabilité de l’avoir exprimée…et j'ai  détesté l'image de moi-même qu'elle me renvoyait.

« La non-violence est mon premier article de foi. C’est aussi le dernier article de mon credo. »

Zoom sur la violence

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la violence verbale est la plus fréquente, presque banale pour certains, ( première étape avant la violence physique) pourtant les mots peuvent tuer : les victimes de harcèlement ne manquent pas pour le prouver.


Même si c’est propre aux ados de manquer  de maturité  pour avoir totalement conscience des conséquences de leurs actes, le passage à l'acte est traumatisant.

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mais   sommes-nous toujours attentifs à notre vocabulaire et à nos jugements hâtifs ?  

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Pour ceux qui ont grandi dans une famille où l'on crie, il sera même normal de crier et de chercher le conflit à leur tour...

Tous, nous en subissons les conséquences ; dans la communication verbale et comportementale on récolte ce que l'on sème

Notre société a longtemps fermé le yeux sur cette violence perverse, agissant dans le secret du quotidien du couple ou de l’entreprise  mais, depuis 2010, un décret pénal l’a enfin reconnue !


la violence physique :

La violence conjugale est devenue, depuis quelques années en France,   un fait reconnu et sanctionné par la loi,



Il est entendu que la violence psychologique passe notamment par la parole, d’où le terme de violence verbale, punie par la Loi et passible de trois à cinq ans d’emprisonnement.

Dans un état de soumission et de dépendance, l'épouse battue qui a des enfants et sans un sou, se sent condamnée à subir la domination

de son mari. Elle est entièrement à sa merci, il la tient...

La victime n’a pas d’autre choix que de trouver le courage de se séparer en trouvant le soutien d’une personne extérieure qui l’aidera à faire le pas et à se reconstruire. (Violences Femmes Info - 3919 ou   https://www.solidaritefemmes.org/nous-trouver)

Au lieu de chercher un bouc émissaire et  se réfugier derrière un autoritarisme qui risque de se retourner contre nous, chacun(e) doit s’interroger sur sa responsabilité et sur la part de violence qu'il a en lui-même


Cette volonté de paix et ce refus de la vengeance, nous l'avons salué au lendemain de l'attentat du Bataclan avec le message d'Antoine Leiris, (ce jeune papa qui a perdu sa femme dans l'attaque) adressé aux djihadistes :  

Je ne vous ferai pas ce cadeau de vous haïr. Répondre à la haine par la colère, ce serait céder à la même ignorance qui a fait de vous ce que vous êtes. Je suis avec mon fils, qui va manger son goûter comme tous les jours, puis nous allons jouer comme tous les jours et toute sa vie, ce petit garçon vous fera l’affront d’être heureux et libre.


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La répression policière n'est pas la panacée ; il est illusoire de penser que la justice et la police pourront résoudre ces problèmes sans l'appui des parents, des écoles, des entreprises, des centres de formation...



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Oeil pour oeil ...

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La décision des Nations unies de proposer la création de deux Etats (1947), l'un juif et l'autre arabe, dans cette région (alors sous mandat britannique), que l'on a appelée la Palestine (c'est ainsi que les romains l'avaient désigné du temps de leur occupation), a provoqué la résistance violente des Arabes qui l'ont refusée,  puis la première guerre entre les pays arabes voisins et Israël.




Notre colère est un poison pour les autres et pour nous-même mais en l'empêchant de s'exprimer, on ne fait que l'aggraver...

Il nous faut donc apprendre à la gérer  pour faire le moins de dégât possible et, dans le meilleur des cas, devenir des artisans de PAIX

La paix se gagne au quotidien ; c'est l'affaire de notre société toute entière., de l'éducation qu'elle offre à ses enfants, de son altruisme

et de son sens de l'équité.

Mais surtout, parce qu'il ne s'agit pas seulement de délinquants ou de mineurs non accompagnés venus du Maroc ou d'Algérie et livrés à eux-mêmes..

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Les causes des conflits entre ces jeunes restent les mêmes qu’avant mais pas le décalage entre la futilité du motif et la gravité des faits.

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Les actes de violence n'ont pas manqués dernièrement en France, mais ceux qui nous ont peut-être le plus inquiété, ce sont ces criminels en herbe de plus en plus jeunes et de plus en plus violents.

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On ne peut que constater que ce qui a changé depuis plusieurs années n’est pas forcément la violence mais son degré dans la diffusion de l’information et son accélération qui démultiplie les conflits entre les jeunes.

Comment répondre à cette violence si nous en prenons conscience lorsqu'il est trop tard comme dans la partie immergée d'un iceberg (celui de la violence sexiste par exemple)?

De nombreux réfugiés ont alors rejoint  la bande frontalière de Gaza qui est devenue le théâtre d'affrontements entretenus par la colère d'un  monde arabe majoritairement musulman qui refuse de reconnaître l'état juif d'Israël.


Malgré des avancées diplomatiques (comme celles réalisées avec l'Egypte),  c'est l'impasse...  et la politique israélienne qui consiste à grignoter petit à petit ce territoire par l'implantation de ses colons n'est pas faite pour calmer cette colère qui fait le jeu des extrémistes

Dieu seul est saint ...

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et Jérusalem ne sera  la "Ville Sainte" que lorsque la colère des uns et des autres, qui se réfèrent au même Dieu, tombera enfin pour se tourner vraiment vers Lui et se donner la Paix.


C'est ce que Jésus répondit à la Samaritaine qui lui demandait :

Nos ancêtres samaritains ont adoré Dieu sur cette montagne, mais vous, les Juifs, vous dites que l’endroit où l’on doit adorer Dieu est à Jérusalem.

Jésus lui répondit :

Crois-moi, le moment vient où vous n’adorerez le Père ni sur cette montagne, ni à Jérusalem....  Dieu est Esprit, et ceux qui l’adorent doivent l’adorer en esprit et en vérité.


à chacun son mur des lamentations...

La grande majorité des Israëliens  comme des Gazaouis souhaitent la création de deux Etats, mais ni les Israéliens, ni les Palestiniens ne reconnaissent une véritable légitimité à «celui d'en face».  


Si la charte d'origine du Hamas prétend ne pas vouloir la destruction d'Israël mais seulement "mettre un terme à l'occupation israélienne de la Palestine", sa branche armée accusée  d'armer et d’entraîner des groupes islamistes en fait un groupe terroriste qui ne laisse pas à Israël beaucoup de marge de manoeuvre.

Mais les spectateurs de ce drame dans le reste du monde, en prenant parti, ne font qu' alimenter  la colère des uns contre les autres ... ou verser des larmes d'impuissance sur les victimes.

Juifs, sionistes ou pas, pris dans une nouvelle tourmente qui fait résurgir un passé douloureux et attise leur colère dans un mécanisme de défense que l'on peut comprendre, face à un ennemi qui voudrait de nouveau leur destruction

Qu'ils soient instrumentalisés ou non  par le Hamas (mouvement de libération de la Palestine) qui entraîne des dizaines de milliers d'enfants palestiniens  et se sert des gazaouis comme boucliers humains, ne change en rien leur malheur...

Musulmans (et pas que...) solidaires de la situation catastrophique des habitants de Gaza qui sont à la fois emmurés vivants par le blocus militaire  et pris en otage par le Hamas.


Ils ne peuvent donc pour l'instant que rêver de Paix car pour vaincre le terrorisme, ce n’est pas la guerre qu’il faut faire mais la justice qu’il faut construire (Jean-Marie Muller)

Comment y croire tant que l'état d'Israël n'est pas accepté et

Comment le pourra-t-elle si chacun se croit dans son bon droit ?

Communication non violente

Vous avez entendu qu'il a été dit : «Oeil pour oeil et dent pour dent» Eh bien ! moi je vous dis de ne pas tenir tête au méchant ; au contraire, quelqu'un te donne-t-il un soufflet sur la joue droite, tends-lui encore l'autre ...

L'Evangile peut-il se lire autrement que dans une perspective d'action non-violente ? il nous offre à la fois une  réflexion spirituelle sur la gestion de la violence dans les conflits et un précieux outil dans la prière qui nous transforme.  Jésus va même plus loin et entr'ouvre déjà la porte du paradis ; non seulement il faut  tendre l'autre joue mais en plus, il faut « aimer ses ennemis »  

Ghandi,  Martin Luther King , Nelson Mandela qui l'avaient lu et compris, en sont  les icônes. Ils ont  délégitimer la violence, et oeuvré à promouvoir une attitude de respect de l'autre dans le conflit et dans leur stratégie d'action politique pour combattre les injustices.



Clin Dieu précédent :

par ici...

Ma colère !

Ma colère n'est pas un front

Elle n'est pas nationale

Ma colère !

Ma colère à peur aussi

C'est la peur son ennemie

...


Le clin d'oeil du grand-père :

rentre toi bien ça dans ton petit crâne

*Le cortisol est un poison à prendre au sérieux qui peut entrainer, avec la diminution de nos défenses immunitaires, de l’obésité, de l’hypertension, de l’insomnie et des maladies cardiaques…


la colère est contre-productive !